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Résidences

Présentez-vous en quelques mots
Je m’appelle Nadège Coste. J’habiterai d’ici quelques semaines un petit village non loin de Metz. Je suis originaire d’un petit village au cœur de la Camargue. Lorsque Zidane a marqué son premier but lors de la Coupe du monde de 1998 je venais à peine de finir mon lycée. Et en ce qui concerne mon premier cachet d’intermittente du spectacle, c’était en 2011. J’ai rencontré la danse contemporaine lors de mon entrée au CP et je crois qu’elle ne m’a plus quittée. C’est pourquoi, aujourd’hui je cherche à mettre en scène « les corps qui parlent ». C’est pourquoi, aujourd’hui j’aime mettre en dialogue les écritures actuelles avec la danse contemporaine. Autrement dit je cherche à faire réagir les corps dans ces langues, dans ces poésies, dans ces mots.

Depuis quand êtes-vous dans ce processus de création ?
Je suis metteure en scène au sein de la Cie des 4 coins qui existe depuis 2004 et qui est installée à Metz. La compagnie cherche à explorer les écritures actuelles à travers la notion de « Pulsion d’Émancipation ». À travers ses créations, elle met en scène des Figures (par exemple L’Homme Moderne, le Migrant, l’adolescente, le Marginal, les Voix de l’Europe) qui sautent dans le vide. Le spectateur assiste dans chaque spectacle de la Cie des 4 coins à l’éclosion de la décision. Pas n’importe quelle décision, celle qui permet de briser les murs (visibles ou invisibles) qui nous entourent. Cet instant, que je nomme Pulsion d’émancipation, prend appui dans le corps pour devenir ensuite une Décision. C’est ce qui anime les créations et le travail de la Cie : comment parvient-on à s’émanciper ? Comment nos décisions surviennent ?
Et pour se faire, nous prenons appui sur les écritures actuelles et la danse contemporaine pour explorer la nature humaine.

Quel est l’objet de cette résidence au Point d’Eau ?
Quand j’arbore, avec la Cie des 4 coins et l’équipe du Point D’Eau, le mot RÉVOLTE(S) comme définition de mon engagement artistique et citoyen auprès de vous, je vous invite à vous émanciper, à prendre la parole et à décider.
Durant trois saisons, je questionnerai ma pratique des écritures actuelles en cherchant à développer un nouvel axe de recherches autour de la question du numérique, du médium audiovisuel pour donner vie à des œuvres de théâtre actuel à travers de nouvelles formes Hors-les-Murs, Les Chambres D’Écoute de la Cie des 4 coins.
La Jeunesse sera au cœur de mes préoccupations, car elle doit s’émanciper de la culture de masse, de l’immobilité et de l’ignorance. Elle doit prendre la parole et décider ce que sera demain.
Je poursuivrai ainsi mon engagement à porter la parole des poètes d’aujourd’hui. Je persisterai à dialoguer avec la danse contemporaine, la musique et les arts plastiques. Vous serez toujours au centre de mon travail.
Grâce à la confiance et à l’accueil de l’ensemble de l’équipe du Point D’Eau, laboratoires de recherche, créations professionnelles, projets mêlant amateurs et professionnels, le Festival des Écritures Actuelles Jeunesse et les échanges avec d’autres compagnies et artistes viendront affûter ma quête de vous proposer des spectacles qui invitent au mouvement, qui suscitent l’appétit de curiosité, de partage et surtout l’impulsion à vous libérer.
Afin qu’à votre tour, vous puissiez trouver votre place dans RÉVOLTE(S).

Si vous deviez résumer votre résidence/création en un mot ?
RÉVOLTE(S) – De la pulsion d’émancipation à la Décision

Interview réalisée lors de la résidence du Théâtre de l’homme inconnu

1 – Présentez-vous en quelques mots :
Le Théâtre de l’Homme Inconnu, Cie strasbourgeoise, travaille sur une recherche stylistique forte où la forme veut révéler l’être, et questionne l’homme, la société, leurs liens à la vie et à l’esprit jusque dans l’événement quotidien.

2 – Depuis quand êtes-vous dans ce processus de création ?
Nous planifions et travaillons sur ce projet depuis environ 1 an et demi. La résidence au Point d’Eau correspond à la première période de répétition.

3 – Quel est l’objet de cette résidence au Point d’Eau ?
Les premières répétitions, l’appropriation de la thématique, le façonnage des personnages et des types et la mise en situations…

4 – Quelle a été votre inspiration pour ce spectacle ?
Nous souhaitons offrir une œuvre d’envergure, mêlée d’humour et de sagesse de l’incomparable Shakespeare. Nous travaillons à mettre en images vivantes et changeantes la thématique de l’être et de son apparence…
Et comment dans le chaos composite des expériences et épreuves – souvent inextricables du quotidien – une réalité plus profonde, une sagesse s’exprime. Chaque événement isolé porte ce double visage comme une énigme, un voile qu’il faut pouvoir soulever !

5 – Quel message voulez-vous faire passer à travers cette création ?
… Un questionnement sur l’être et l’apparence

6 – Si vous deviez résumer votre résidence/création en un mot ?
Pour cette première résidence : développer dans le corps et le mouvement la vie débordante de ces figures shakespeariennes, s’emparer du style et de la thématique de la pièce.

Interview réalisée lors de la résidence de Libellule Production

1- Présentez-vous en quelques mots
Je m’appelle Marie Hattermann, je suis comédienne strasbourgeoise et je pratique l’improvisation depuis 16 ans. Après avoir joué dans différentes compagnies, je souhaitais monter un groupe de travail autour de 2 axes précis dans l’improvisation théâtrale : la mise en scène et l’interprétation. Libellule Production est né. Le groupe est composé de 4 comédiens (Nathanaël Kahn, Agnès Bourgeois, Dan Seyfried et moi-même), d’un musicien (Thibault Vançon) et d’une technicienne lumière (Morgane Viroli). Cette dernière nous rejoindra pour la résidence.

2- Depuis quand êtes-vous dans ce processus de création ?
Ce processus de création a commencé en septembre dernier, où nous avons lancé notre saison de recherche à raison d’un labo de 2 jours par mois.

3- Quel est l’objet de cette résidence au Point d’Eau ?
Le but principal de cette résidence est de confronter le travail de jeu / mise en scène / musique au plateau et de lancer la création lumière.

4- Quelle a été votre inspiration pour ce spectacle ?
Le point de départ de cette recherche est très personnel. J’apprécie énormément l’improvisation théâtrale et souhaitais aller plus loin dans ce domaine, pousser les curseurs du jeu pour créer une proposition improvisée certes, mais avant tout théâtrale. Mes références dans le domaine sont à la fois au niveau du jeu d’acteur (notamment la technique Meisner), de
l’écriture théâtrale (Alain Knapp) et de la mise en scène improvisée (Keith Johnston, Randy Dixon, Del Close).

5- Quel message voulez-vous faire passer à travers cette création ?
Nous souhaitons élargir la palette, agrandir le paysage de l’improvisation théâtrale sur le territoire, montrer qu’une autre façon de faire est possible et tout aussi intéressante que les autres. Il faut de tout pour faire un monde !
Pour ce qui est du contenu, l’histoire racontée sera chaque fois différente, évidemment 🙂

6- Y’a-t-il une technique, compétence ou particularité développée ou mise davantage en valeur
dans cette création/résidence ?
Comme dit précédemment, aborder l’improvisation sous l’angle de la mise en scène et du jeu d’acteur est un réel défi que nous voulons relever.
Pour ce faire, l’un des comédiens prend le rôle du metteur en scène (que nous nommons metteur en jeu) et dirige les comédiens en direct. Cela permet de creuser de nombreuses techniques de mise en scène, tout en accompagnant les comédiens qui, de fait, n’ont plus qu’à se consacrer pleinement au jeu et à l’instant présent.

7- Si vous deviez résumer votre résidence/création en un mot ?
Ce sera le 1er moment où nous pourrons mélanger tous nos ingrédients au plateau, pour qu’enfin toutes nos recherches deviennent spectacle.

Interview réalisée lors de la résidence de la Cie Quai Numéro 7

Synopsis du spectacle « Services » : 

Six femmes arrivent au plateau. Elles sont comédiennes, musiciennes, metteuses en scène, éclairagistes, techniciennes. Le spectacle vient de se terminer et il est temps de nettoyer et démonter celui-ci afin de préparer la représentation du lendemain. Sur scène, un bordel sans nom. Au fur et à mesure du ménage, la question de « qui fait quoi » dans l’équipe va être soulevée, amenant avec elle bon nombre d’autres questions « qui fait et pour qui », « qui fait pour nous », « pour qui faisons-nous »… De leurs échanges et de leurs gestes vont naître des fictions, des jeux de rôle et de masques qui interrogent les rapports dominant.e.s/dominé.e.s, celles qui servent et ceux qui sont servis (ou l’inverse). Pour cela, elles fabriquent du son, des outils, des costumes, des décors à partir des matières d’un spectacle qui doit être «démis» et «remis à neuf» pour une nouvelle représentation. Le plateau à nettoyer devient lieu de rituels cathartiques, voués à mettre en lumière les mécaniques de domination, d’humiliation et d’asservissement qui régissent notre société du «service». Durant ces cérémonies, ces six femmes se réapproprient l’espace du plateau et les objets de ménage et de rangement perdent leur fonction utilitaire pour devenir le temps du jeu : armes, instruments de musique, masques, costumes…Apparaîtront alors, peut-être, les soeurs Papin, deux bonnes qui ont défrayé la chronique dans les années 30 pour avoir assassiné leurs patronnes, mais aussi un livreur Deliveroo, un mari qui n’en branle pas une, une infirmière au bout du rouleau, des caissières qui font du catch, une concierge, une aide à domicile, la nounou des enfants…. Surgiront aussi leurs propres personnes, au-delà de leurs personnages, alors qu’elles font du plateau le lieu de l’expérience d’un modèle qui ne soit plus basé sur la servitude. Certains mécanismes de prise de pouvoir viendront-ils, malgré leurs efforts, rendre la tâche difficile ? 

1 – Présentez-vous en quelques mots 

Je m’appelle Juliette Steiner, je suis metteuse en scène, comédienne et scénographe et je dirige depuis 2016 la compagnie Quai n°7. Je me suis formée à la Haute Ecole des Arts du Rhin ainsi qu’au conservatoire de Colmar, et j’ai construit mon parcours au croisement entre le jeu théâtral, l’installation plastique, la danse et la scénographie. Dans ma pratique et au sein de la compagnie, je fais se rencontrer les imaginaires (corps, scénographie, lumière, objets…) à travers un travail de croisement des spécialités et de leur dramaturgie propre. Chaque spectacle donne lieu à une écriture de plateau dont l’origine est la rencontre entre ces différents matériaux. 

2 – Depuis quand êtes-vous dans ce processus de création ? 

Le travail sur Services a connu plusieurs temps de maturation : nous avons travaillé en équipe réduite sur différentes pistes recherche ; mais cette résidence au Point d’Eau marque le début des répétitions en équipe complète et la première pierre du chemin qui nous mènera jusqu’à la création, à l’automne 2021. 

3 – Quel est l’objet de cette résidence au Point d’Eau ? 

Pour moi, l’objet de cette résidence était avant tout de souder une équipe, de faire se rencontrer les différents imaginaires à travers un premier travail d’improvisations au plateau. 

4 – Quelle a été votre inspiration pour ce spectacle ? 

Ce spectacle est né de ma fascination pour une pièce de Jean Genet, Les Bonnes, dans laquelle deux bonnes lorsque Madame, leur patronne, est absente, mettent en scène son assassinat. Nous ne montons finalement pas ce texte, mais il reste, en filigrane, l’inspiration et le fil conducteur de ce spectacle. 

5 – Quel message voulez-vous faire passer à travers cette création ? 

Il n’y a pas de message à faire passer. Je ne crois pas que le théâtre ait à se positionner à cet endroit. Ce projet propose plutôt d’ouvrir d’autres possibles quant à nos rapports les un.e.s aux autres. Comment inventer un monde de coopération plutôt que de servitude ? Quelles fictions peuvent s’inventer lorsqu’on invite notre imaginaire à prendre sa source ailleurs ? Quelles sont les fils qui nous lient au sein de notre travail de création ? Qui fait pour qui ? Pour qui et pourquoi faisons-nous ? 

6 – Y’a-t-il une technique, compétence ou particularité développée ou mise davantage en valeur dans cette création/résidence ? 

Nous avons axée la résidence aussi sur la mise en commun de savoirs et compétences techniques afin de pouvoir être des relais les unes des autres dans notre travail d’improvisation. Nous avons ainsi abordé la lumière, la prise de son en direct et sa modification, la manipulation de la scénographie et la construction de costumes à partir de différentes matières, le travail de la voix et du corps. 

7 – Si vous deviez résumer votre résidence/création en un mot ? 

Plaisir.

 

=> Retrouvez la compagnie Quai n°7 sur facebook et sur leur site web